Maison de 112 m² : faut-il conserver le gaz, ajouter une PAC air-air ou privilégier le bois ?
Comment raisonner lorsqu'on dispose d'un budget de 10 000 €, d'une chaudière gaz et de radiateurs existants ? Cette étude illustre la méthode de comparaison de CAP DEGRɰ à partir d'une situation de maison réelle.
1. Le point de départ
Chauffage actuel au gaz avec radiateurs à eau (environ six en fonte et deux en acier). Eau chaude sanitaire assurée par un ballon électrique. Les façades ouest et sud ont fait l'objet de travaux d'isolation après le DPE, avec environ 10 à 15 cm de laine selon les informations disponibles ; surfaces et résistance thermique restent à confirmer.
Les attentes : améliorer le confort, disposer idéalement d'un rafraîchissement estival et éviter d'investir trop lourdement avant une éventuelle revente. L'état réel du conduit et la possibilité d'installer un insert restent à confirmer.
2. Les pistes étudiées
- Conserver le gaz : solution de référence avec peu de travaux immédiats, mais dépendance au gaz et à l'état de la chaudière.
- Étudier une PAC air-air : chauffage et rafraîchissement possibles dans les pièces desservies ; la répartition de chaleur et l'appoint gaz sont déterminants.
- Associer gaz et insert bois : recours au bois dans la pièce de vie, sous réserve de faisabilité du conduit, de confort et d'usage quotidien.
- Remplacer par une PAC air-eau : piste à analyser, mais à confronter aux températures exigées par les radiateurs, au dimensionnement et au budget maximal.
3. Partir du DPE, puis reconstruire un besoin de chauffage
Le DPE de décembre 2025 (classe D) indique 18 672 kWh/an de gaz pour le chauffage, valeur à recouper avec le document intégral et les consommations réelles. Les façades ouest et sud ayant été isolées après ce DPE, la pré-étude teste une diminution hypothétique de 20 % : 15 000 kWh/an de gaz. Avec un rendement saisonnier supposé de chaudière de 78 %, le besoin de chaleur utile s'établirait à 11 700 kWh/an.
Pour comparer les systèmes, le rapport pilote utilisait les hypothèses tarifaires suivantes : gaz 0,1456 €/kWh + 361 €/an d'abonnement, électricité 0,20 €/kWh, bois 0,08 €/kWh combustible. Ce sont les valeurs du scénario de travail, pas des tarifs garantis ou actualisés.
4. Résultat de la simulation issue du rapport pilote
| Option | Énergie annuelle calculée | Coût énergie / an | Investissement estimé | Rafraîchissement |
|---|---|---|---|---|
| Gaz conservé (référence) | 15 000 kWh de gaz | ≈ 2 545 € abonnement compris | 0 € immédiat, si chaudière maintenue | Non |
| PAC air-eau | 4 034 kWh électriques, SCOP 2,9 supposé | ≈ 807 € | 12 000 à 16 000 € | Non avec radiateurs classiques |
| PAC air-air | ≈ 4 660 kWh électriques : 90 % des besoins par PAC (SCOP 3,2), 10 % par appoint électrique et 200 kWh de froid | ≈ 932 € | 7 000 à 11 000 € | Oui dans les pièces desservies |
| Gaz + insert | 9 000 kWh gaz + 6 240 kWh bois ; insert à 75 % de rendement couvrant 40 % de la chaleur utile | ≈ 2 170 € abonnement gaz compris | 3 000 à 6 000 € | Non |
5. Comparer à 5 ans et à 10 ans, pas seulement la facture annuelle
Avec un investissement pris au milieu des fourchettes annoncées, le rapport de cadrage donnait les montants cumulés ci-dessous. Calcul simplifié : investissement initial + coût annuel de l'énergie × durée.
| Scénario | Investissement retenu | Total à 5 ans | Total à 10 ans |
|---|---|---|---|
| Gaz conservé | 0 € | ≈ 12 725 € | ≈ 25 450 € |
| PAC air-eau | 14 000 € | ≈ 18 035 € | ≈ 22 070 € |
| PAC air-air | 9 000 € | ≈ 13 660 € | ≈ 18 320 € |
| Gaz + insert | 4 500 € | ≈ 15 350 € | ≈ 26 200 € |
Cette comparaison montre pourquoi la PAC air-air mérite d'être approfondie : dans le scénario de travail, elle conjugue rafraîchissement et coût cumulé compétitif sur 10 ans. Mais elle ne garantit ni le confort dans toutes les chambres ni les économies prévues. Le gaz conservé suppose que la chaudière reste opérationnelle ; son remplacement éventuel n'est pas compté.
Tester la sensibilité aux prix de l’énergie
Un prix de l'énergie peut évoluer durant les 5 à 10 années de détention. Modifiez les trois valeurs ci-dessous pour voir comment le classement économique change, à consommations et investissements constants. Ce test ne prévoit pas l'évolution future des tarifs.
| Scénario | Énergie / an | Cumul à 5 ans | Cumul à 10 ans |
|---|---|---|---|
| Gaz conservé | — | — | — |
| PAC air-eau | — | — | — |
| PAC air-air et appoint électrique | — | — | — |
| Gaz + insert bois | — | — | — |
Calcul fondé sur les valeurs initiales du rapport pilote.
6. Ce qui peut faire basculer la décision
- Déperditions par pièce : elles conditionnent la puissance et la répartition des unités intérieures.
- Plan de la maison : une PAC air-air ne chauffera pas automatiquement toutes les pièces de façon uniforme.
- Consommation de gaz réelle : il faut isoler la part chauffage pour recalibrer les hypothèses.
- Radiateurs et température de départ : incontournables pour juger la pertinence d'une PAC air-eau.
- Devis complets : coût posé, raccordements, électricité, finitions, entretien et éventuelles adaptations.
- Usage du bois : disponibilité, stockage, manutention, émissions locales et faisabilité du conduit.
7. Notre lecture provisoire
Avec un budget maximal de 10 000 € et un souhait de rafraîchissement, une PAC air-air avec appoint électrique mérite une étude prioritaire, à condition que le plan permette une bonne diffusion de l'air. Le gaz + insert reste une autre piste cohérente si le bois correspond aux usages des occupants. Une PAC air-eau ne doit pas être retenue sans contrôle technique et chiffrage détaillé.
Aucune solution n'est recommandée définitivement à ce stade. La décision dépend des consommations réelles, des besoins par pièce, de la faisabilité et des devis. C'est précisément l'intérêt d'une analyse indépendante : éliminer les mauvaises hypothèses avant de signer.
Pour refaire une comparaison avec vos propres hypothèses, utilisez le comparateur de chauffage gratuit. Pour analyser deux propositions d'entreprises, consultez la grille de vérification des devis.
Pour comparer les propositions d’installateurs : notre grille gratuite de vérification des devis aide à distinguer les données techniques réellement fournies des informations à demander.
Questions fréquentes sur cette étude
Pourquoi partir d'une consommation de gaz et non d'une puissance de chaudière ?
Le volume d'énergie acheté aide à cadrer la chaleur consommée pendant une année. Il ne donne pas directement la puissance nécessaire lors d'une journée très froide. Une étude de déperditions reste indispensable pour dimensionner les équipements.
Pourquoi ne pas choisir automatiquement la solution à 807 €/an ?
Parce que les performances retenues sont hypothétiques, que les radiateurs peuvent imposer des températures d'eau plus élevées et que l'investissement simulé dépasse ici le budget de 10 000 €. Le coût annuel d'énergie ne suffit pas à décider.
Que se passe-t-il si les prix de l'énergie changent ?
Les résultats peuvent évoluer fortement. Il faut tester plusieurs prix du gaz et de l'électricité ainsi que les rendements réels, avant de conclure. Le simulateur gratuit permet d'explorer des hypothèses modifiables pour trois systèmes.
Quel est le principal document manquant ?
Le rapprochement entre le DPE, les factures réelles et les travaux réalisés, puis un relevé de chaque pièce : usage, isolation, radiateurs et contraintes d'implantation.
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